POLITIQUE INDUSTRIELLE:L’INNOVATION A TOUS LES NIVEAUX 21 décembre, 2006
Posté par sd38 dans : Dossiers sur nos travaux , trackback

Objectif du groupe de travail :
Faire émerger des propositions sur le thème de travail : L’innovation à tous les niveaux.
Ce thème a été traité suivant deux axes d’approche :
- Commet redistribuer les profits de l’innovation ?
- La place des non qualifiés dans une économie innovante
- Le statut et la protection sociale du « nouveau ouvrier »
- Le développement des services pour ces emplois peu qualifiés
- La place de la France dans une économie innovante
- Comment les grandes structures peuvent-elles se mettre au service de l’innovation ?
- Comment accompagner le développement des entreprises innovantes (PME et grands groupes)
Ont participé à la rédaction : David Bousquet, Boris Chabanel, Bernard Dupré Marie Claude Dupuy, Geneviève Fioraso, Françoise Lemouël, Guillaume Llorach, David Merchin
Rappel sur l’innovation
Qu’est ce que l’innovation ?
- Définition
L’innovation, en économie, renvoie à la mise en vente d’un nouveau produit ou à la mise en œuvre d’un nouveau procédé de production. Ces deux processus peuvent d’ailleurs être simultanés.
Certaines innovations sont de véritable innovations de ruptures, et contrairement aux innovations incrémentales (celles qui améliorent un bien ou service existant), modifient profondément les systèmes, les pratiques et l’équilibre compétitif traditionnel (internet, les nouvelles technologies…)
- Sources :
La recherche est la source principale de l’innovation. Mais il faut distinguer la recherche fondamentale, visant à produire des connaissances nouvelles que l’on appelle inventions, et la recherche appliquée, proche de l’industrie, qui cherche à donner un débouché industriel et/ou commercial aux connaissances existantes c’est à dire aux inventions.
Les autres sources de l’innovation sont l’apprentissage par la pratique, l’imitation, l’achat de technologie et leurs applications nouvelles.
La finalité sociétale de l’innovation
On peut également rappeler la finalité sociétale de l’innovation qui répond à des besoins explicites ou latents de la société. Quatre types d’innovation concourent à cette finalité :
- « L’innovation économique », permet à nos entreprises de tirer profit des marchés mondiaux (un renforcement de la partie mondialisée de notre économie source de croissance donc d’emploi et de ressources durables pour notre politique de régulation sociale) ;
- « L’innovation sociale », répond aux besoins du quotidien de la population par de nouveaux services à la personne tels que l’aide aux personnes âgées, la garde d’enfants, ou par l’amélioration des services traditionnels (un renforcement de la partie domestique de notre économie source de croissance donc d’emploi et de bien-être) ;
- « L’innovation environnementale », permet de satisfaire nos besoins à partir de solutions générant toujours moins d’impact sur l’environnement en termes de matières premières, de déchets et de pollution (voiture propre, habitat écologique, écologie industrielle, maîtrise de l’énergie…).
- « L’innovation politique » crée autour du processus d’innovation un véritable lien social entre les différents acteurs sociétaux et replace le politique au cœur de sa vocation : initier et accompagner les projets collectifs.
- L’innovation économique
- Une plus forte concentration des moyens
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- Une aide spécifique à l’industrialisation
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- Un encouragement à une prise en compte verticale et territoriale des filières
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- Un guichet unique pour toutes les entreprises
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- L’innovation sociale
- L’innovation environnementale
- L’innovation politique
Prendre en compte de critères sociaux dans le financement de l’innovation par les organismes débiteurs. Les opportunités d’embauche d’emplois non qualifiés ou venant de zones en difficultés pourraient devenir des critères fondamentaux d’attribution des fonds d’aide à l’innovation. Par ailleurs, l’implication des PMI-PME à l’instar du Small Businnes Act aux USA, doit devenir un critère de sélection pour les aides.
L’innovation n’est pas synonyme de haute technologie. Les services, l’artisanat, les filières amont de la consommation sont aussi être porteuses d’innovations. Consolider notre niveau de bien-être passe aussi par l’amélioration de la qualité des métiers et des prestations traditionnelles (plombiers, maçons, mécaniciens…).
Donner de nouveaux usages à d’anciens produits, c’est aussi de l’innovation. Ainsi l’utilisation d’un bien connu a permis la conservation des salades et leur mise en sachet. Les usagers, surtout les lycéens se son réappropriés la technologie WAP et l’ont transformés en succès avec les SMS.
Artisanat et services créent de l’innovation et méritent également des aides publiques. Intégrer les artisans et les services dans la chaine de l’innovation revaloriserait l’image de leurs métiers les rendant plus attractifs pour les demandeurs d’emploi. C’est un des mission de l’Education Nationale.
Dans l’habitat par exemple, on peut citer
L’innovation est étroitement associée au Développement Durable. La diversification des sources d’énergie est une incitation à l’innovation pour l’avenir. Les procédés géothermiques et les nouveaux matériaux de construction sont les fruits de l’innovation dans l’habitat. Les transports sont d’importants consommateurs d’innovation notamment avec les alternatives au pétrole et à l’énergie thermique dommageable pour l’effet de serre comme avec le développement du solaire et de la pile à combustible.
Des « Labels Produits Réparables et Recyclables » traduiraient l’association des emplois de service ett des nouvelles technologies. Ces labels encourageraient les entreprises à créer des produits réparables et recyclables favoriseraient l’émergence d’emplois de service tout en infléchissant la civilisation du « tout jetable ».
Il nous parait important de repenser le fonctionnement des aides publiques à l’innovation. Quatre types d’actions pourraient êtres envisagées:
Concentrer les aides au développement sur quelques projets ou thématiques fortes. Par exemple, distinguer les pôles à vocation mondiale (qui doivent rester en petit nombre pour concentrer les aides) des pôles à vocation locale (intérêt touristique ou domestique).
Mettre au point des financements uniquement à la production et non plus uniquement à l’innovation car pour de nombreuses entreprises il est difficile de procéder à l’industrialisation de leurs produits. Les PME françaises pourraient ainsi atteindre la taille critique comblant le fossé entre PMI/PME et très grandes entreprises propres au paysage français. Cette aide à la phase d’industrialisation des PME permettrait aussi de conserver en France des emplois de production à forte valeur ajoutée technologique.
Mettre en contact les industries françaises avec tous les acteurs de leurs filières afin de créer une véritable chaîne de l’innovation de l’inventeur au consommateur permettant de favoriser les interactions entre les acteurs de toute la filière et de capitaliser les acquis de l’expérience. Structurer les organismes d’aides à l’innovation en filières verticales permettrait d’encourager de plus fortes interactions entre différents acteurs d’une même branche.
Au delà de la politique des pôles de compétitivités il faut ancrer localement les politiques de soutien à l’innovation en donnant davantage de leviers et de moyens aux régions et aux communautés urbaines compétentes. Un exemple, le triptyque recherche-formation-entreprise, efficace sur la région urbaine grenobloise depuis la fin du 19eme siècle dont Minatec est un aboutissement.
Faciliter l’accès aux fonds d’aide à l’innovation aux entreprises de toute taille et de tout secteur (service et industrie). Des guichets uniques accompagnant les entreprises dans leur démarche de demande d’aide à l’innovation pourraient être installés.
Développer des liens plus étroits entre PME sous-traitantes et grandes entreprises. Réunir par des conventions PME sous-traitantes, grandes entreprises et collectivités (région ou département) lors des financements de l’innovation.
Faciliter et encourager l’entreprenariat. Levers les obstacles aux de levées de fonds pour les entrepreneurs. Le risque est inhérent à l’innovation et la peur de ce risque demeure trop forte en France contrairement à d’autres pays. La nécessité, dans les processus d’innovation, d’une prise de risque technologique et financière est à rappeler tant aux acteurs publics qu’aux investisseurs privés. La collectivité doit permettre la mutualisation des risques.
Les dernières manifestations grenobloises, essentiellement le fait d’une minorité agissante, ont montré combien l’innovation pouvait être diabolisée, notamment dans les biotechnologies et nanotechnologies. Ne reproduisons pas le débat binaire et dogmatique qu’a connu le nucléaire et que politique et scientifique communiquent ensemble sur ces technologies.
Si certaines problématiques éthiques soulevées par les opposants aux nanotechnologies sont légitimes, il convient de les reconnaitre et de les discuter. Les enjeux et les risques doivent être identifiés et faire l’objet de recherches et d’études communes entre « sciences dures » et « sciences sociales et humaines ».
Afin que le citoyen reste informé de ces enjeux il appartient au pouvoir public de développer un contrôle du public en aval et en amont. C’est la vocation des PPP (Partenariats Publics Privés), qui, doivent être développés.
En amont des processus de développement et d’innovation, des comités d’éthiques pourraient être mis en place. En revanche, la recherche fondamentale doit conserver une part de liberté, indispensable à la créativité.
En aval, de nombreux organismes de contrôle publics existent déjà comme l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé).dans le domaine des biotechnologies,
C’est au niveau européen ou mondial que ce travail d’anticipation, de veille, d’accompagnement trouvera toute sa cohérence.
Il faut assumer les liens autant inévitables que bénéfiques entre recherche et militaire.
Le militaire étant un utilisateur important d’innovations technologiques, il investit dans ce secteur et lui permet de fructifier. Les liens entre recherche et militaire sont inévitables, nécessaires et bénéfiques. Le militaire permet d’ailleurs de canaliser les avancées technologiques de pointe avec un contrôle public très fort. Les transferts technologiques entre militaire et civils sont nombreux et importants (GPS, Internet…). Le rôle de la DARPA aux USA, véritable fonds d’aide à l’innovation, peut être cité.
L’implication du militaire dans l’innovation et le scientifique ne doit pas être diabolisée mais est au contraire garante d’une sécurité, qui serait encore plus forte si elle était organisée au niveau européen, avec une recherche et une défense communautaire.
Revaloriser les filières technologiques et professionnelles car un emploi dans l’innovation génère de 3 à 4 emplois induits et 66% des créations d’emplois en Europe aujourd’hui viennent de l’innovation. Cette revalorisation permettrait d’offrir à ces filières plus de débouchés sur des métiers à hautes valeur ajoutée générateurs d’emplois dans l’artisanat, les services, l’hôtellerie, la restauration, les transports.
L’UPMF, le CEA, l’INPG, l’Université Stendhal et l’UJF pour les bio et nanotechnologies réfléchissent sur ces thèmes.
Dans le même temps la culture scientifique et technique doit se développer pour que les enjeux du développement technologique soient partagés par le plus grand nombre.
C’est l’objet des CCSTI, mais les vocations techniques et scientifiques sont à relancer auprès des jeunes et particulièrement des filles. Il y a un lien évident entre l’image de la recherche t les moyens qui lui sont alloués, insuffisants aujourd’hui en Europe et particulièrement en France.
Ah oui, alors, je ne sais pas qui a écrit ca mais c’est vachement bien.
Par contre, c dommage qu’on ne puisse voir la dernière partie. Car l’innovation politique, c’est la que réside le changement….
Enfin du fond…
Barvo